Le congé paternité en intérim soulève encore de nombreuses interrogations, malgré les avancées légales de ces dernières années. Être intérimaire ne signifie pas pour autant être exclu du bénéfice de ce congé essentiel à la vie familiale. En 2025, la législation a renforcé l’égalité des droits entre salariés classiques et intérimaires. Mais quelles sont précisément les conditions à remplir ? Quelle est la durée du congé ? Et comment se déroule la demande ? Cet article fait le point sur tout ce qu’il faut savoir.
Le congé paternité : un droit pour tous les salariés, y compris les intérimaires
Depuis la réforme du congé paternité en 2021, qui a porté sa durée à 25 jours calendaires (32 jours en cas de naissance multiple), ce droit est reconnu à tous les salariés, y compris ceux sous contrat d’intérim. En 2025, cette égalité de traitement est réaffirmée par le Code du travail. Ainsi, que vous soyez en CDI, en CDD ou en mission d’intérim, vous pouvez bénéficier du congé paternité dans les mêmes conditions, dès lors que vous remplissez les critères fixés par la Sécurité sociale.

Le congé paternité peut être pris dans les six mois suivant la naissance de l’enfant. Il se compose de deux parties : un bloc obligatoire de 4 jours à prendre immédiatement après le congé de naissance de 3 jours (également ouvert aux intérimaires), et une partie facultative de 21 jours (ou 28 en cas de naissances multiples) à prendre dans les délais impartis.
Conditions d’éligibilité pour les intérimaires
Contrairement à certaines idées reçues, les intérimaires ne sont pas exclus du dispositif. Toutefois, pour bénéficier du congé paternité en intérim, quelques conditions doivent être respectées. L’une des principales est d’être ouvert aux droits auprès de l’Assurance maladie. Cela signifie avoir travaillé suffisamment récemment pour justifier d’une affiliation à la Sécurité sociale.
En 2025, les conditions sont les suivantes : vous devez avoir travaillé au moins 150 heures sur les 3 derniers mois, ou avoir perçu un salaire équivalent à 1 015 fois le SMIC horaire brut pendant les 6 derniers mois. Ces critères s’appliquent également aux intérimaires, peu importe le nombre de missions ou l’agence de travail temporaire concernée.
De plus, il est nécessaire d’avoir transmis à votre employeur intérimaire (l’agence d’intérim) la copie de l’acte de naissance de l’enfant ou un justificatif de la grossesse (dans le cas d’un congé anticipé), et d’avoir respecté un délai de prévenance de 1 mois avant le début du congé.
Comment faire une demande de congé paternité quand on est intérimaire ?
La demande de congé paternité doit être adressée à votre agence d’intérim, et non à l’entreprise utilisatrice. Il est donc impératif de maintenir une communication claire avec votre agence, surtout si vous enchaînez les missions ou si vous êtes en période d’inactivité au moment de la naissance.

La demande se fait par écrit, idéalement par courrier recommandé ou par mail, et doit préciser les dates souhaitées pour le congé. Vous devez également transmettre un justificatif attestant de la naissance ou de la date présumée d’accouchement.
Dans le cas où votre mission d’intérim se termine avant le début de votre congé paternité, vous pouvez tout de même bénéficier de vos indemnités journalières, à condition de remplir les critères d’ouverture de droits. L’indemnisation n’est pas versée par l’agence, mais directement par l’Assurance maladie.
Indemnisation : combien allez-vous toucher ?
L’un des points cruciaux pour les intérimaires concerne l’indemnisation. Le montant des indemnités journalières de congé paternité est calculé de la même manière que pour les salariés classiques : sur la base de vos salaires des 3 derniers mois précédant l’arrêt.
La Sécurité sociale calcule une indemnité journalière brute correspondant à environ 1/91,25 de votre salaire brut total sur les trois mois de référence. Cette indemnité est plafonnée à un montant fixé annuellement (environ 60 € par jour en 2025, selon les barèmes en vigueur). Des prélèvements sociaux sont ensuite appliqués (CSG et CRDS).
Il faut noter que, contrairement à certains salariés en CDI, les intérimaires n’ont généralement pas de complément de salaire de la part de leur agence, sauf dispositions conventionnelles spécifiques. Vous toucherez donc uniquement l’indemnité journalière versée par la Sécurité sociale.
Cas particulier : mission interrompue pendant le congé
Que se passe-t-il si votre mission s’arrête durant votre congé paternité ? C’est une situation fréquente pour les intérimaires. Heureusement, cela n’a aucun impact sur le versement des indemnités. Même sans mission active, si vous remplissez les conditions d’ouverture de droits, vous continuez à percevoir votre indemnité journalière.
Toutefois, votre agence n’a pas l’obligation de vous proposer une nouvelle mission à la fin du congé. Il est donc important d’anticiper ce retour et d’échanger avec votre conseiller en agence dès votre reprise.
Ne négligez pas vos droits en tant qu’intérimaire
Trop souvent, les intérimaires pensent – à tort – qu’ils n’ont pas accès aux mêmes droits que les autres salariés. Pourtant, en matière de congé paternité, la loi est claire : vous avez exactement les mêmes droits sociaux, et il est essentiel de les faire valoir.

En 2025, les pouvoirs publics continuent de promouvoir une meilleure conciliation entre vie professionnelle et vie familiale. Le congé paternité joue un rôle essentiel dans l’implication des pères dès les premiers jours de la vie de l’enfant. Ne pas le demander par crainte ou par méconnaissance revient à se priver d’un droit précieux.
Ce qu’il faut retenir pour bien préparer votre congé paternité en intérim
Le congé paternité en intérim est aujourd’hui un droit à part entière. Vous avez le droit de prendre du temps pour accueillir votre enfant, même si vous êtes en contrat temporaire. Pour en bénéficier, il suffit de :
- Avoir ouvert des droits auprès de la Sécurité sociale
- Respecter les délais de demande
- Transmettre les justificatifs nécessaires à votre agence
Il est conseillé de bien anticiper votre congé, d’en parler à votre conseiller intérim le plus tôt possible, et de conserver tous vos bulletins de salaire, car ils serviront au calcul de vos indemnités.
