La Reconnaissance de la Qualité de Travailleur Handicapé (RQTH) est un dispositif clé pour les personnes atteintes d’une maladie chronique ou d’un handicap qui impacte leur capacité à travailler. Cette reconnaissance, délivrée par la MDPH (Maison Départementale des Personnes Handicapées), permet d’accéder à des droits spécifiques en entreprise : aménagement de poste, accompagnement renforcé, aides financières et protection contre la discrimination. Mais une question revient souvent : quelles sont les maladies reconnues par la MDPH pour obtenir la RQTH ?
RQTH : une reconnaissance précieuse pour les malades chroniques
Obtenir la RQTH peut profondément améliorer les conditions de travail d’une personne vivant avec un handicap ou une pathologie lourde. Contrairement à une idée reçue, il n’est pas nécessaire d’avoir une invalidité visible pour faire une demande. Ce qui compte, c’est l’impact de la maladie sur la capacité à exercer un métier dans des conditions normales.

Une personne atteinte de douleurs chroniques, d’un trouble cognitif, d’un trouble psychique stabilisé ou d’une maladie auto-immune peut tout à fait bénéficier de la reconnaissance RQTH si cela est justifié. La démarche est volontaire et confidentielle : vous n’êtes pas obligée d’en informer votre employeur sauf si vous souhaitez bénéficier d’un aménagement spécifique.
Y a-t-il une liste officielle des maladies reconnues par la MDPH ?
En réalité, la MDPH ne publie pas de liste unique ou fermée de maladies ouvrant droit à la RQTH. Chaque demande est évaluée au cas par cas, sur la base de la gêne fonctionnelle, de l’impact sur la vie professionnelle, et non uniquement du nom de la pathologie. Cela dit, certaines maladies sont très fréquemment acceptées parce qu’elles provoquent des limitations durables ou nécessitent des soins réguliers. À partir des retours de professionnels de santé, d’associations de patients et de témoignages, il est possible d’établir une liste non exhaustive des 30 maladies les plus souvent reconnues par la MDPH.
Les 30 maladies les plus souvent reconnues par la MDPH
Voici les pathologies qui, en raison de leur nature invalidante, sont régulièrement considérées comme recevables dans une demande de RQTH :
- Diabète de type 1 ou 2, en particulier avec complications
- Sclérose en plaques (SEP)
- Polyarthrite rhumatoïde
- Fibromyalgie
- Lupus érythémateux disséminé
- Maladie de Crohn
- Rectocolite hémorragique
- Syndrome d’Ehlers-Danlos
- Syndrome de fatigue chronique
- Insuffisance cardiaque chronique
- Insuffisance respiratoire chronique
- Cancers (en traitement ou avec séquelles)
- Dépression sévère ou résistante
- Troubles bipolaires
- Schizophrénie stabilisée
- Troubles du spectre autistique (TSA)
- Trouble de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH)
- Épilepsie
- Surdité partielle ou totale
- Cécité ou déficience visuelle profonde
- Maladie de Parkinson
- Sclérose latérale amyotrophique (SLA)
- Dystrophie musculaire ou myopathie
- Spina bifida
- Hémophilie
- Thalassémie majeure
- Drépanocytose
- Endométriose sévère
- Obésité morbide avec comorbidités
- Infection par le VIH/SIDA
Il est important de noter que cette liste n’est pas limitative. Si votre maladie n’y figure pas mais qu’elle vous empêche de travailler normalement ou nécessite un accompagnement, vous avez toute légitimité à faire une demande auprès de la MDPH.
Ce que la MDPH évalue réellement
La MDPH ne base pas sa décision uniquement sur le nom de la maladie, mais sur les effets concrets qu’elle engendre dans votre vie professionnelle. Le critère principal est la restriction d’activité : douleurs, fatigabilité, troubles cognitifs, absences répétées, traitements invalidants… Tous ces éléments sont étudiés pour évaluer si votre insertion ou votre maintien dans l’emploi nécessitent un statut particulier.

Deux personnes atteintes de la même maladie peuvent ainsi recevoir des décisions différentes selon leur quotidien et leur activité. Un dossier bien rempli, accompagné d’un certificat médical détaillé, est essentiel pour mettre en évidence cette gêne professionnelle.
Pourquoi demander la RQTH même si on travaille déjà ?
La reconnaissance en tant que travailleur handicapé ne signifie pas que vous êtes inapte au travail. Elle sert à sécuriser votre situation et à activer certains droits utiles. Avec une RQTH, vous pouvez demander un aménagement de poste (horaire adapté, fauteuil ergonomique, télétravail partiel, allègement des tâches physiques, etc.), bénéficier d’un CPF majoré pour suivre des formations, être orientée vers des emplois adaptés, ou encore mobiliser des aides financières via l’AGEFIPH (secteur privé) ou le FIPHFP (secteur public). Vous êtes aussi mieux protégée en cas de licenciement ou de conflit avec l’employeur lié à votre état de santé. De plus, si vous cherchez un emploi, la RQTH permet un accompagnement spécifique par Cap emploi et donne accès à des offres réservées.
Et si la MDPH refuse votre demande ?
Un refus n’est pas définitif. Si la RQTH vous est refusée, vous disposez d’un délai de deux mois pour formuler un recours gracieux auprès de la MDPH. Il est alors conseillé de joindre des éléments supplémentaires (nouvelle attestation médicale, lettre explicative, etc.). En cas de second refus, vous pouvez saisir la commission de recours ou engager une action auprès du tribunal administratif. L’aide d’une assistante sociale ou d’un représentant associatif peut vous être précieuse à chaque étape.

Transformez votre maladie en levier pour mieux travailler
MDPH : la liste officielle des 30 maladies ouvrant droit à la RQTH n’est pas une garantie, mais un excellent point de départ. Si vous êtes concernée par l’une de ces pathologies ou par toute autre condition affectant durablement votre vie professionnelle, n’hésitez pas à constituer un dossier. Trop de personnes ignorent qu’elles pourraient bénéficier de la RQTH, alors que ce statut est conçu pour sécuriser, accompagner et valoriser leur parcours. Plutôt que de subir une situation de travail dégradée, faites reconnaître vos besoins. Grâce à cette démarche, vous pouvez accéder à un emploi plus stable, plus adapté, et reprendre le contrôle de votre avenir professionnel avec plus de sérénité.
